Mes hommages à toi, Femme de la nuit…
Mes hommages à ce corps tant pénétré et maltraité…
Mes hommages à ton innocence abimée et froissée…
Toi oiseau migrateur d’un corps à un autre...
Toi dans les rues sombres t’as décidé de renaitre…
Toi aux rires éclatants déchirant les lois imposées par tes ancêtres…
Toi femme facile et considérée comme une cirière…
Par ceux qui ne savent que juger les autres et les éloigner d’eux par mille barrières…
Mes respects à toi Femme qui a su avaler sa dignité… assassiner ses mots… dessiner un sourire et ouvrir les cuisses…
Mes respect à celle qui a su trouvé le courage d’être une marginale, une laissée pour compte… une femme qui appartient à tout le monde, et personne ne l’appartient,
Aucune femme ne veut être à ta place, il n’y a aucun plaisir à être la serpillère des autres, mais ceux qui te jugent ne savent pas d’où tu viens, ne savent pas pourquoi tu as pris ce chemin, ils ont oublié que tu étais en l’espace de quelques minutes leurs princesses… ils ont oublié qu’ils t’ont préféré un jour à leurs propre femmes pleines de sagesse…ils ont oublié qu’ils se sont oubliés sur ton épaule…. Ils ont oublié de se juger eux-mêmes avant que tu le sois…ils ont oublié que chacun d’eux a contribué à sa manière à ce que tu rodes, comme cette nuit, dans ces ruelles désertées… supportant l’air frileux… supportant la maltraitance dans leurs yeux… supportant leurs bassesses et leur pseudo vertu …
